Pour son nouveau président, David Delaux, l’ASTE doit devenir l’interface entre pouvoirs publics, recherche et entreprises
À l’occasion de sa nomination à la présidence de l’Association pour le développement des sciences et techniques de l’environnement, David Delaux, interviewé par le magazine Essais & Simulations, détaille sa stratégie pour faire de l’ASTE une point d’entrée incontournable dans le monde des essais.
David Delaux, depuis quand êtes-vous membre de l’ASTE ? Quelles grandes évolutions avez-vous pu constater depuis vos débuts ?
J’ai intégré l’association il y a environ vingt ans. Ce que j’ai pu constater, c’est que l’ASTE est passée d’un club d’experts à une communauté capable de capitaliser et de normer. L’association s’est donc considérablement transformée pour devenir une classe qui réfléchit à des méthodes et les inscrit dans le marbre à travers des normes. De là s’est créée une multitude de commissions qui ont fait de l’ASTE non plus seulement un lieu d’échange mais de construction.
Il en est de même pour les thématiques : si autrefois l’ASTE se focalisait uniquement sur la mécanique, aujourd’hui, elle a intégré les dimensions climatique (Méca-Clim), thermique (Thermique et Techniques connexes) mais aussi – et bientôt – l’estimation des risques, étape nécessaire dans la qualification d’un produit au niveau de sa conception et du design.
Enfin, l’entre-soi a laissé la place à une communauté d’experts travaillant dans un esprit collaboratif, via notamment des échanges avec d’autres organisations telles que Nafems, le Centre français de fiabilité (CFF) et la Société des ingénieurs de l’automobile (SIA) ou encore l’IRT Saint-Exupéry… Je salue à ce titre le formidable travail de Daniel Leroy, mon prédécesseur à la présidence de l’ASTE, afin de mettre l’association au coeur de la dynamique de l’hydrogène.
Cette position de pilote de l’ASTE fait en effet partie de vos ambitions…
Tout à fait. L’ASTE doit désormais donner le la en jouant le rôle d’interface entre la road-map de l’État et les entreprises. Par exemple, l’ASTE doit permettre aux entreprises industrielles de concevoir et fabriquer des produits plus durables, répondant ainsi aux attentes du gouvernement en matière de réduction de l’empreinte carbone. C’est le cas aussi de la simulation dont l’un des rôles est de mieux gérer le cycle de vie d’un produit.
L’association doit en outre ne plus être un représentant des mécaniciens mais des mécatroniciens, et donc s’élargir à l’aspect « software ». C’est déjà le cas grâce aux travaux de Joseph Merlet, ancien président de l’ASTE, puis Daniel Leroy.
Quelles actions mènera l’ASTE en 2023 ?
Outre les journées techniques et l’organisation d’Astelab (qui devient un événement annuel), nous allons renforcer les relations avec nos partenaires existants. Un gros travail est actuellement mené par Patrycja Perrin et Christophe Marcadet pour mutualiser nos listes de nouveaux et anciens adhérents. L’objectif est aussi d’augmenter le nombre d’adhésions en attirant notamment des acteurs de l’hydrogène, de l’inspection ou encore de la décarbonation.
Enfin, au niveau des formations, nous allons davantage les ouvrir au big data et à la gestion et l’analyse de données complexes ; à ce titre, j’ai le plaisir de vous annoncer que le catalogue de formations de l’ASTE va accueillir six modules de SAFI (Statistical Analysis For Industry), un campus d’enseignement qui a déjà formé pas moins d’une centaine d’ingénieurs dans le monde et que je préside au sein de l’université de Bradford.
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